Jour 12: Midelt -> Ait Ouqabli

Pour mettre de l’ordre dans notre camping car et devenir prêts à partir, cela a quand même encore duré jusqu e peu après midi. A Midelt ville (ou plutôt dans ses faubourgs), nous avons repris la route nationale dans l’autre sens jusqu’à Zaïda où nous nous sommes orientés vers l’ouest, par une route régionale (la R503) en état parfait. On y a roulé vraiment bien. Entre-temps, j’avais (enfin!) mis la carte SIM de Maroc Télécom (achetée déjà il y a quelques jours à Moulay Idriss) dans notre router et cela a vraiment marché “out of the box”, donc, à partir de maintenant, nous avons l’internet mobile, toujours à notre disposition. Même si parfois (surtout dans ces régions montagneuses du Moyen Atlas), ce n’est que le 3G, ça marche!

Encore dans le “Maroc ocre”

Après le col “Tanout du Fillali” (2070 m), le paysage est devenu très vert. Fini le “Maroc ocre” (ou brun?), nous sommes de nouveau dans le “Maroc vert”!

Un peu plus loin, nous sommes arrivés sur la route nationale (RN8 Fès-Marrakech-Agadir), que nous avons prise en direction de Beni- Mellal.

Il y a là beaucoup d’oliviers et on vend partout de l’huile d’olives. Lena en a acheté et elle a dit qu’elle était merveilleuse. Moi, je ne peux rien en dire car je n’aime ni les olives ni leur huile.

Les olives…
… avec lesquelles on fait de l’huile…
… que l’on peut acheter ensuite.

Quelques kilomètres après, j’ai pensé qu’il serait beau de repartir un peu dans les montagnes et de ne pas aller directement à Beni-Mellal (ou ailleurs – nous n’avions pas vraiment un but pour y arriver ce soir). Alors, j’ai pris une route régionale (R317 selon la carte IGN, mais OpenStreetMap la classifie comme route nationale RN12!) qui menait à El-Ksiba et plus loin. A El-Ksiba, on a d’abord acheté du pain (presque encore chaud) et on a continué la route vers la montagne. D’abord, elle n’a pas été dans un bon état, mais bientôt, c’était une très nouvelle route merveilleuse, non seulement par son état, mais aussi avec un paysage merveilleux, surtout dans la lumière du soir.

Nous nous sommes arrêtés pour profiter de ce beau soleil…
… et avons fait quelques photos.

Après le col “Tizi-n-Aït-Ouirra” (je ne sais pas son altitude) et la descente dans la vallée, j’ai vu que la trüs bonne route continuait vers l’est, probablement jusqu’à Imilchil. Mais je ne voulais plus aller si loin, j’ai pensé que le lac de barrage de Bin-el-Ouidane serait aussi un beau but. Alors, pour cela on devrait prendre une autre route.

Mais celle-ci était dans un état lamentable. Dans un petit village, où cette route commença, je voulais, déjà aprüs quelques centaines de mètres, faire demi-tour. Mais je n’ai pas fait attention à la circulation derrière moi et j’ai failli à toucher une Mercédès qui voulait me doubler. Alors, je me suis arrêté du coup et la Mercédès aussi, déjà devant moi.

Presqu’un accident…

Un monsieur est sorti et moi aussi et je lui ai tout de suite dit mes excuses. Pour lui, ce n’était pas grave et il m’a demandé où je voulais aller. Je le lui ai raconté de mon but, mais que j’ai décidé autrement. Alors, il a dit qu’après les premiers 6 à 8 kilomètres, la route ne posait plus de problème et que je pourrais lui suivre, si je voulais. Avec un guide qui connaît le terrain, la réponse était claire: oui, je voulais.

Pas toujours de bon asphalte…

Ensuite, on a fait encore quelque 30 à 40 km (les distances sont toujours plus longues qu’elles paraissent quand on regarde seulement la carte – surtout quand celle-ci a une échelle de 1:1’000’000 ou 1:600’000 comme les agrandissements de la vieille carte Michelin) et la nuit est tombée.

… mais un très beau paysage!

Au “rond point” (je dirais plutôt carrefour, mais ici, on dit rond point) où il devait tourner, on s’est arrêté et on a discuté encore un peu, car je ne voulais pas continuer encore 40 km dans la nuit, ne connaissant pas la route et le terrain. On s’est présenté, le monsieur dans la Mercédès s’appelle Tarik, il est pharmacien-biologiste de Beni-Mellal et il était sur la route pour conduire une assistante de pharmacie à la maison. Alors, Tarik a proposé que nous allons prendre Fatima et la conduire les derniers 3 km jusque dans son village et là, nous pourrions rester pour la nuit.

Très bien, nous avons fait ainsi. Arrivés sur la place (apparemment une place de marché, mais vide à cette heure-là, juste deux camions y garaient), Tarik, lui, est venu aussi. Je crois que Fatima l’avait appelé pour lui dire qu’il fallait qu’il nous aide encore. Car la police est venue aussi, il fallait qu’on soit enregistré quand on passe la nuit quelque part.

Ensuite, Tarik est parti (nous avions déjà échangé les contact sur WhatsApp, Léna et lui, car moi, je n’ai pas de WhatsApp) et Fatima nous a invité de venir chez elle, dans sa famille, et de boire un thé.

C’était très intéressant d’être invité chez une famille marocaine. Toute la famille était présente ou est venue, da mère, ses frères et quelques enfants y étaient aussi. Un de ses frères a assez bien parlé français et j’ai pu discuter un petit peu. D’ailleurs, les gens qui vivent dans cette région ne sont pas des Arabes, mais des Amazighs (on dit aussi des Berbères), donc le peuple qui vivait déjà au Maroc avant que les Arabes soient venus, et leur langue est le Tamazight.

Ce qui était très intéressant pour moi en tant que géographe, c’était que le changement climatique est une chose très sérieuse et grave ici. Bien sŭr, je le savais déjà, mais l’entendre directement par quelqu’un qui vit ici (et en savoir les conséquences concrètes!), c’est encore plus. Le frère de Fatima a raconté que quand il était un garçon, dans les années 80, il pleuvait en hiver de novembre à avril, environ. Maintenant, quand il pleut, c’est assez rarement et les quantités des précipitations ne sont pas importantes. Le pays en souffre et surtout les paysans. Il a raison. Et ça donne à réfléchir. Car nous, les touristes, venons ici en hiver pour trouver du soleil. C’est bien beau pour nous, mais quand la désertification ne s’arrête pas, un jour (je ne sais pas, peut-être déjà dans 30 ou 50 ans, voire encore avant?), le pays sera complètement asséché et que vont faire les touristes alors? Viendront-ils aussi en si grand nombre juste pour voir le désert? Et les gens qui vivent ici, ils vont être obligés à quitter leur pays, à émigrer vers des pays où il y a encore de l’eau, donc en Europe. Et c’est la faute de qui? Surtout de ceux qui vivent avec une “empreinte écologique” (ou climatologique) trop grande, donc les Européens, les Nordaméricains (et de plus en plus aussi les Chinois). Et nous y sommes aussi un peu parmi eux, faisant des vacances en camping car et y allant en bac (car-ferry) qui pollue l’air sur les mers avec des gaz carboniques.

Après avoir passé environ une heure au thé dans cette famille, nous sommes allés dans notre camping car. la police s’est encore une fois présentée car les photos faites de nos passeports n’ont pas été lisibles. Je n’ai pas encore pensé au fait qu’avant de partir de Suisse, j’avais imprimé quelques “fiches” avec nos données que j’aurais tout simplement pu leur donner. Mais avec de nouvelles photos, ça allait aussi.

Moi, j’ai passé une bonne nuit, les oreilles bouchées comme toujours, mais Léna a souvent entendu des chiens aboyer, et elle n’a pas très bien dormi.

udo

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